Un précieux témoignage architectural

La Collégiale Notre-Dame de Poissy présente un intérêt historique et architectural majeur, elle fait partie des quatre églises médiévales les plus importantes des Yvelines.

Singulière par sa silhouette, elle possède deux clochers dont le plus ancien, haut de quarante-cinq mètres, est surmonté d’une flèche en pierre. Le second clocher, vestige de l’église romane, s’achève par une flèche en charpente reconstruite en 1884.

Une imposante toiture à deux croupes couronne le vaisseau de la nef datant du 13e siècle, à l’intérieur, une voûte en croisées d’ogives tardives la surplombe. Au sud, un triforium à baies jumelées surmonte les trois dernières travées vers le chœur. Un porche renaissance datant du 16e siècle se détache de la façade sud. Surmonté d’un bestiaire fantastique de gargouilles, il révèle des tympans décorés de rinceaux dans un style directement inspiré de l’Italie.

De nombreux travaux de modifications seront entrepris aux XIe et le XVIe siècles contribuant à figer l’aspect actuel de l’édifice marqué par le mélange de styles architecturaux : roman, gothique flamboyant, néogothique. La Collégiale Notre-Dame de Poissy est classée au titre des Monuments Historiques par liste de 1840.

A partir de 1844, parallèlement au chantier de restauration de Notre-Dame de Paris, Eugène Viollet-le-Duc mène deux campagnes de restauration de la Collégiale de Poissy. L’architecte reconstruit notamment les chapelles nord-ouest, Saint Louis et Saint Pierre. Il reprend les ouvertures du chœur, certains chapiteaux de la nef ainsi que leurs bases, les voûtes des bas-côtés, la sacristie, les arcs-boutants et les pinacles. C’est au sculpteur Joseph Pyanet qu’il confie la restauration des gargouilles. La Collégiale tient également sa renommée de son importante collection de sculptures dont certaines remontent au XIVe siècle. C’est le cas du maitre-autel et de la statue d’Isabelle de France provenant tout deux de l’église du Prieuré Saint Louis. A noter par ailleurs que la Collégiale abrita successivement cinq orgues de tribune au cours de son histoire. L’orgue actuel fut installé en 1903 par célèbre facteur d’orgue Charles Mutin (successeur de Cavaillé-Coll) au sein d’un buffet néogothique dessiné par l’architecte Jean Camille Formigé.